Séance photo allaitement à Angers, Maine-et-Loire

L'allaitement maternel vu par la photographe madeleine à Angers dans le Maine-et-Loire seance-allaitement-angers-madeleine-photographe-1

A PROPOS DE CAMILLE & ALIX...

Maternité - Allaitement

En quelques mots qui es-tu ? Quelle maman es-tu ?

Je suis une personne très cérébrale dans tous les domaines de la vie, et je m’attendais à ce qu’il en soit de même dans mon rôle de maman, mais c’est l’inverse : je me définirais comme une maman “intuitive” (c’est un terme que la plupart de mes proches emploient à mon propos) ! Je me fais confiance, je me sens à ma place et sûre de moi et de mes décisions même quand je tâtonne, j’accepte mes erreurs, et le lien avec mon fils est une évidence (vivement l’adolescence pour réviser ce jugement, diront les mauvaises langues !).

Je suis pourtant une “jeune maman” (j’ai fêté mes 25 ans 3 jours avant de partir accoucher) mais ça n’impacte pas cette confiance.

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Qu'est-ce-que la maternité pour toi ?

A cause de mon histoire personnelle et familiale, j’ai oscillé entre le désir et le non-désir de maternité pendant longtemps. Je la jouais un peu détachée, mais en fait, j’ai réalisé récemment que j’ai toujours eu de très hautes attentes envers moi-même en tant que mère (comme dans tous les domaines, en fait).

Mes réticences à être mère s’expliquaient en fait non pas par un manque d’envie mais par l’envie que ma parentalité me corresponde à 100%. C’était un enjeu très important dans ma vie : si je me décidais, ce ne serait pas n’importe comment.

A côté de ça, j’avais aussi peur que la maternité “m’efface” en tant que personne, que le fait d’avoir un enfant fasse passer au second plan mes convictions, mon sentiment de révolte, mon caractère engagé ; c’est tout le contraire qui se passe, ça l’a renforcé, tout en m’apaisant. C’est un moteur supplémentaire.

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Avais-tu des doutes, des peurs ou des questionnements pendant ta grossesse ?

Comme je l’expliquais un peu à la question précédente, le cheminement a pris du temps mais quand je me suis décidée, tout a été vécu de façon quasi instinctive. J’ai dis un soir à mon conjoint : “je crois que je suis prête à avoir un bébé.” ; je suis tombée enceinte ce soir-là. Je l’ai su avant même le test de grossesse (j’ai reconnu au bout de 10 jours des symptômes similaires à quand je prenais une contraception hormonale).

Pendant la grossesse je me suis renseignée sur l’éducation, le choix du matériel de puériculture, l’accouchement… En m’autorisant suffisamment de lâcher-prise pour laisser les choses venir comme elles le devaient. Je n’ai pas eu de réelles peurs pendant cette période, d’autant que j’ai eu des désagréments mais pas de vraies complications. Chaque étape amène bien sûr son lot de questionnement et d’angoisse mais cela est normal, puis on en apprend énormément sur soi, ses vraies ressources, ses vraies désirs, c’est davantage passionnant que flippant !

Cela dit, il y avait quand même une angoisse latente chez moi, qui n’est remontée à la conscience qu’au moment de la naissance. De part mon histoire familiale, le sujet – et la peur – du handicap et en particulier de l’autisme est toujours présent dans mon inconscient. Pour tout un tas de raisons, je n’avais pas voulu savoir le sexe de mon bébé avant l’accouchement, et quand on m’a dit que c’était un garçon, j’ai ressenti une pointe de sentiment désagréable auquel je ne m’attendais pas du tout [l’autisme touche davantage les garçons, environ 9 pour 1 fille]. Les quelques minutes après la naissance d’Alix, malgré tout l’amour évident que je ressentais déjà pour lui, j’avais un sentiment de flottement jusqu’à ce que, à la fin du premier examen (soit quelques minutes après la naissance), la sage-femme annonce l’air de rien : “Tout est normal !” C’est peut-être bête car ça ne veut rien dire en soi, mais ces mots ont résonné et ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai véritablement pleuré d’émotion…

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Quelle était l'implication du papa durant ta grossesse ?

Anaël avait toujours eu envie d’avoir des enfants, et il ne se posait pas trop de questions… jusqu’à ce que ça arrive.

Sous ses airs sûr de lui et charmeur, c’est un grand angoissé doublé d’un idéaliste, et la grossesse a révélé fortement cet aspect de sa personnalité. Il s’est autorisé à accueillir ses angoisses, celle de la mort (il a perdu sa maman vers l’âge de 10 ans), de la menace écologique qui impacterait le monde dans lequel Alix allait naître… il a fait un cheminement incroyable pour les accepter et les transformer en positif.

Concernant son rôle de père, de part son histoire, il avait des projections et des attentes précises pour sa paternité : il voulait être présent, à l’écoute, engagé – et il l’a été. Même s’il n’a pas manqué de l’amour de son père, il a souffert d’un certain arbitraire dans son éducation et il se projetait à l’opposé.

Cela dit, il a eu un peu de mal à s’emparer vraiment des questions pratiques et éducatives sur le plan concret, à faire lui-même ses recherches et à savoir passer à l’action. Il s’est un peu reposé sur moi pour lui amener l’information et prendre les décisions, comme je pense beaucoup d’hommes qui se sentent “extérieurs” à la grossesse parce qu’ils ne la vivent pas dans leur chair. Pourtant ils la vivent quand même, même si c’est différent ! On a beaucoup discuté de cette question de l’investissement (charge mentale, émotionnelle…), c’est toujours un sujet à l’heure actuelle, même s’il a progressé radicalement !

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Comment appréhendais-tu l'accouchement ? Comment cela s'est-il passé ?

Pareil, c’était très instinctif. J’avais un projet assez précis mais je restais ouverte à tous les possibles. J’ai fais des cauchemars dans le dernier trimestre qui m’ont fait comprendre que peu importe comment, tout ce qui comptait pour moi était d’aller au bout et de rencontrer ce bébé. Le reste importait finalement peu ; c’était juste l’expression viscérale de la vie.

Au final, j’ai eu un accouchement super (voie basse, pas de complication), dont je garde un très bon souvenir : une amie sage-femme s’est arrangée pour déplacer ses gardes et mener l’accouchement, me réserver une chambre seule au CHU… je pense que ça a joué fortement dans le vécu émotionnel, mais aussi concret ; par exemple, quand j’ai demandé à l’anesthésiste de remettre une dose dans la péridurale et qu’il a eu un air dubitatif, c’est elle qui lui a confirmé : “si elle te le dit, tu peux la croire.” J’aimerais que toutes les femmes bénéficient de la même légitimité sans que ce soit appuyé par une amie – professionnelle !

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A quel moment ton désir d'allaiter ton bébé est apparu ? Avant, pendant la grossesse ou à sa naissance ?

Je savais que j’avais une préférence pour l’allaitement déjà avant, et il était évident que je voulais allaiter mon bébé dès que je me suis su enceinte. J’avais quand même conscience que ça ne marchait pas forcément “à tous les coups”, que ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est forcément inné et facile, et donc je ne m’étais pas mis la pression. Je voulais déjà essayer, et si j’y arrivais ne serait-ce que trois mois, c’était déjà top !

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Comment se sont passés les débuts de ton allaitement avec ton nouveau-né ?

Les débuts ont effectivement été un vrai défi : j’ai eu énormément de lait et ma montée de lait n’a pas du tout été bien accompagnée à l’hôpital, j’ai eu des douleurs et j’ai frôlé la mastite. Le troisième jour seulement, j’étais à bout, une sage-femme m’a donné une astuce pour exprimer mon lait manuellement et me soulager. Ca a mis des mois à se normaliser, je produisais toujours beaucoup…

J’ai eu quelques doutes au moment du premier pic de croissance, mais mon conjoint et les ressources en ligne de la Leche League ont été d’un grand soutien. L’allaitement, c’est aussi dans la tête : si on croit en soi, en ses capacités d’allaiter son petit, qu’on est dans un état d’esprit confiant et positif, ça change tellement tout !

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As-tu été entouré, informé et conseillé pour débuter ton allaitement ?

Le personnel de l’hôpital d’Angers est globalement en faveur de l’allaitement, mais… ils se contredisaient beaucoup sur les conduites à tenir, et n’étaient pas très présents. C’est très dommage car pour toute femme, le post-partum est une situation de vulnérabilité et on bénéficierait beaucoup d’informations et de conseils pratiques, et également de soutien psychologique, même quand il n’y a pas de galère particulière.

Je ne les blâme pas, car c’est l’institution hospitalière qui veut ça et non eux : c’est un peu l’usine. On m’a avoué une fois pendant mon séjour au CHU qu’ils voyaient tellement de cas compliqués que, franchement, une patiente sans complication ni à la grossesse ni à l’accouchement, avec un conjoint présent, un beau bébé de plus de 4kg et 54cm à la naissance qui se porte comme un charme… On n’a malheureusement pas beaucoup de temps ni d’attention à lui accorder.

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Quelles ont été tes sources d'information autour de l'allaitement maternel ?

Principalement des ressources en ligne, notamment le site de la Leche League. Certains reprochent à cette association d’être parfois un peu jusqu’au-boutiste, mais on ne peut pas nier que leurs études et leurs références sont très solides et leurs articles donnent à la fois des pistes concrètes et surtout une grande confiance en soi.

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SUITE DE L'INTERVIEW - ALLAITEMENT

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Quel(s) conseil(s) donnerais-tu au futures mamans allaitantes ?

En plus de vous renseigner sur Internet et auprès des pro, faites ce que je n’ai pas fait : parlez à d’autres mamans allaitantes, de l’ancienne et de la nouvelle génération ! J’étais parmi les premières de mon groupe d’amie à avoir un bébé et aujourd’hui, je me place en écoute et en conseil chaque fois qu’une nouvelle maman me sollicite à ce sujet (en restant bien sûr dans le non-jugement de ses choix et la bienveillance).

Ma maman m’avait allaitée trois mois, et à l’époque c’était déjà une sorte de maximum, il fallait vite retourner travailler… Avec le recul, elle a regretté de ne pas avoir profité davantage de moi et de mon frère (que ce soit dans l’allaitement ou simplement dans la présence). Ce retour d’expérience m’a certainement influencée dans mon choix.

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Quel rôle joue le papa dans cette aventure lactée ?

Le papa (ou l’autre parent) est de toute façon un allié très important dans les débuts, qu’on allaite ou non : à mes yeux, il est de son devoir de tout faire pour faciliter la mise en place de cette nouvelle vie à trois et soutenir la nouvelle maman, de la même façon qu’il peut lui aussi solliciter du soutien physique et/ou émotionnel dans cette période charnière !

Par la suite, je pense qu’il est important d’échanger au maximum sur les choix qui nous concernent tous les deux, et l’allaitement en fait partie. Ici, c’est un allaitement considéré comme “long” : j’ai récemment demandé à Anaël comment il vivait justement le fait qu’Alix, qui n’est plus un tout petit bébé, garde encore ce lien particulier avec moi. C’est très important de prévenir les éventuelles tensions par la communication libre.

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Comment s'est déroulée ta première sortie en tant que maman allaitante ?

Les premières sorties, c’est un peu l’expédition (on n’est pas habitué à trimballer tout cet attirail imposant que semble nécessiter un si petit bébé) et en réalité, j’étais déjà tellement préoccupée par les couches, le portage, etc. alors que l’allaitement était si “simple” en comparaison, que ça m’a surtout soulagée de ne pas avoir à penser aux biberons. J’ai peut-être trop l’esprit pratique mais c’est tout ce que j’y ai vu !

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Comment vis-tu ton choix de maman allaitante vis à vis du regard de la société actuelle ?

Très naturellement : un bébé, un sein, c’est fait pour aller ensemble, et ceux que ça dérange n’ont qu’à tourner le regard.

Ceux qui trouvent cela sexuel ou déplacé ont peut-être un problème avec le corps de la femme, l’intimité, ou autre, mais ce n’est pas à moi de me sentir gênée à leur place.

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Quel message aimerais-tu faire passer par ses photos d’allaitement ?

J’avais beaucoup d’a priori et de préjugés sur l’allaitement longue durée : c’était pour les bobos qui n’avaient “que ça à faire”, ou alors, dans les pays en développement dans lequel l’accès à la nourriture est difficile… je pense que j’aurais eu moins de stéréotypes en tête si j’avais eu sous les yeux davantage d’images de personnes qui me ressemblent, et qui pratiquent l’allaitement long.

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Comment envisages-tu la suite de ton aventure lactée ?

Je commence à fatiguer et à ne plus prendre autant de plaisir qu’au début dans l’allaitement, je crois que j’arrive au bout de l’expérience : mais en même temps, je me disais au début que trois mois c’était bien, puis six, puis finalement c’est sûr au bout d’un an ce sera assez, et ça va faire finalement deux ans…

Alors je ne me pose pas de limite trop stricte : je me renseigne sur les substituts adaptés, et j’ai commencé depuis notre séance à dire à Alix que j’aimerais bien qu’un jour, bientôt, on fasse plutôt autre chose : des jeux, des câlins, des bisous… pour garder cette proximité et ce lien entre nous. Il y a des fois où il se passe de la tétée et l’oublie totalement pendant une journée, puis des jours où “téter !” est son premier mot au réveil. Ca se danse à deux, l’allaitement, on verra bien !

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Un petit mot sur ta séance allaitement à Angers ?

J’ai été stupéfaite de l’aisance et du bonheur qu’a montré Alix en arrivant chez toi ! On lui avait bien expliqué ce qui allait se passer, mais même ainsi, c’est un petit garçon qui a souvent besoin d’analyser longtemps les situations et les contextes nouveaux avant d’oser bouger… Immédiatement, il a enlevé ses chaussures, a visité ton salon, y a dansé, est allé dans la cuisine pour voir s’il n’y avait pas quelque-chose à grignoter… Je crois qu’il n’y a pas plus parlant que la réaction d’un enfant. Ça a donné le ton de la séance photo : confiance, naturel, lâcher-prise !

Et les photos sont magnifiques, comme par hasard.

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UNE SÉANCE PHOTO ALLAITEMENT À ANGERS ?

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